Pour contenir les dérapages budgétaires et la dette liés au conflit au Moyen-Orient, Matignon souhaite cibler des mesures visant à geler 6 milliards d’euros de dépenses, dont 2 Md€ sur la Sécurité sociale. Les pistes d’économies engagées sur le champ de la santé n’ont pas encore été précisées par le ministère, qui s’est toutefois montré rassurant. La ministre Rist a en effet rappelé que cet éventuel gel des dépenses correspondait au même montant mis en réserve l’an passé, mais avec un risque moindre par rapport à 2025. Pour rappel, l’an passé, le comité d'alerte avait été déclenché. Cette année, le comité d’alerte de l’Ondam exclut à ce stade un risque de dépassement de l’Ondam de 2026 au-delà du seuil d’alerte de 0,5 % du montant prévisionnel des dépenses, soit 1,4 Md€. Il a toutefois appelé, dans son avis du 20 avril, à « une grande vigilance » sur les dépenses de soins de ville et des établissements de santé. Pour les soins de ville, en raison d’économies finalement plus limitées que prévu sur les tarifs des professionnels de santé, d’un retard de mise en œuvre du plan sur le bon usage des médicaments ou encore du report au 1ᵉʳ octobre du ticket modérateur à 15 % sur les médicaments peu efficaces pour les patients en ALD. Dans ce contexte incertain, les Libéraux de santé ne sauraient une nouvelle fois servir de variable d’ajustement. Faute de réformes structurelles assumées, ils refusent de voir les efforts reposer sur les seuls acteurs de terrain et s’opposeront à toute remise en cause des engagements conventionnels, comme à tout gel déguisé des accords déjà signés.