Paris, le 28 mai 2026 | Les Libéraux de santé, intersyndicale regroupant les dix principaux syndicats représentatifs de professionnels de santé libéraux, dénoncent avec la plus grande fermeté les orientations présentées par le ministère de la Santé concernant la réforme de l’Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC). Ce qui est proposé est tout simplement inacceptable. Six mois après l’annonce de la fermeture de l’agence, le ministère revient avec des pistes de nature à remettre en cause l’avenir de la formation continue des professionnels de santé libéraux. Une exclusion inadmissible des syndicats Derrière une réorganisation présentée comme technique, c’est une rupture historique qui se prépare. Pour la première fois, les professions de santé libérales seraient exclues du pilotage opérationnel et financier de leur propre formation continue. Depuis sa création, le DPC reposait sur un principe fondamental. Les professions de santé participent à la définition des priorités de formation, au pilotage des dispositifs et à l’utilisation des financements. Ce modèle garantissait l’adéquation des formations aux réalités du terrain et aux besoins des patients. La réforme envisagée par le ministère conduit au contraire à une reprise en main par l’État et des opérateurs administratifs, entrainant complexité et déconnexion du terrain. La gestion des référentiels métiers serait confiée à la Haute autorité de santé (HAS). Les missions financières seraient, elles, confiées à la Caisse des dépôts. Ne pas refaire les mêmes erreurs qu’avec le CPF Ce scénario reviendrait à faire subir au secteur de la santé les mêmes dérives déjà observées avec le Compte personnel de formation (CPF) : bureaucratisation massive, standardisation des parcours, financiarisation de la formation et éloignement des besoins réels des professionnels. Au-delà des professionnels, les patients seront les premières victimes d’une telle réforme. Le développement professionnel continu permet aux soignants de maintenir un haut niveau de compétences, d’actualiser leurs connaissances et d’intégrer les évolutions scientifiques et médicales indispensables à la sécurité des prises en charge. Fragiliser le DPC serait une faute majeure en matière de qualité et de sécurité des soins. Des solutions évidentes mais ignorées par les pouvoirs publics Les LDS le répètent, une des solutions pragmatique et soutenable est de transférer les missions administratives et financières du DPC au Fonds interprofessionnel de formation des professionnels libéraux (FIF-PL) et au Fonds d’assurance formation de la profession médicale (FAF-PM). Ces fonds connaissent parfaitement les professions de santé. Ils sont compétents, rodés, efficaces et immédiatement opérationnels. À défaut, si le ministère souhaite une solution de gestion via une structure publique, les LDS estiment que seule la Caisse nationale d'Assurance maladie (CNAM) pourrait mener cette mission. Concernant l'élaboration et la gestion des référentiels, la HAS devra collaborer avec les Conseils nationaux professionnels (CNP). La mission des ordres professionnels, et des ARS pour les professions sans ordre, sera ensuite de contrôler que les professionnels de santé sont bien à jour de leur DPC. Les syndicats représentatifs devront être associés au futur dispositif Les LDS le disent sans détour. Cette réforme ne peut se faire sans les représentants des professions de santé libérales et encore moins contre eux. Les 250 M€ inscrits dans le PLFSS 2026 au titre du DPC doivent, de surcroit, être sanctuarisés et rester intégralement dédiés à la formation des professionnels de santé conventionnés. Il est hors de question que ces financements soient dilués ou détournés vers d’autres dispositifs. Les LDS demandent au gouvernement de revoir ce projet de réforme avant qu’elle ne provoque une désorganisation majeure de la formation continue des professionnels de santé. Les Libéraux de santé exigent l’ouverture immédiate d’une véritable concertation permettant de construire l’avenir du DPC avec les représentants des professions de santé et non sans eux. *Les Libéraux de Santé (LDS) regroupent les 10 principaux syndicats représentatifs de professionnels de santé libéraux : les CDF, la CSMF, la FFMKR, la FNI, la FNO, la FNP, la FSPF, le SDA, le SDBIO et le SNAO, qui partagent la même vision de l’exercice libéral et de ses valeurs (indépendance, responsabilité, solidarité). Les LDS sont attachés au système conventionnel. Contacts presse : Philippe BESSET : tél. 0680144162 Sarah DEGIOVANI tél. 0648134639 Suivez Les Libéraux de Santé sur X et LinkedIn