Paris, le 2 octobre 2026 | Après la présentation du PLFSS pour 2027 en conseil des ministres, Les LDS alertent sur une trajectoire budgétaire qui fixe la progression de l’Ondam à seulement 2 %, tout en faisant reposer 5,1 milliards d’euros d’économies supplémentaires sur le système de santé. Ils demandent que le débat parlementaire rééquilibre ce texte et qu’il traduise concrètement les engagements pris envers les professionnels de santé libéraux. Avec un Ondam dont la progression est fixée à 2 %, le Gouvernement prévoit notamment 2,1 milliards d’euros d’économies sur les produits de santé, 1 milliard sur les indemnités journalières, ainsi que des économies sur les soins de ville et les établissements sanitaires et médico-sociaux. Ainsi l’Ondam de la ville sera ramené à 1% alors que celui de l’hôpital sera de 3%. Pour les LDS, cette trajectoire interroge sur la capacité à préserver l’accès aux soins, la qualité des prises en charge et les conditions d’exercice des professionnels de santé libéraux. Dans un contexte d’augmentation des besoins liés au vieillissement de la population, les soins de ville sont la condition de la soutenabilité du système de santé, pas une variable d’ajustement. A cet égard, les LDS regrettent que les mesures annoncées la semaine dernière par la ministre de la Santé pour soutenir les soignants libéraux face à la flambée des prix des carburants ne trouvent pas de traduction dans le projet de loi. Le déplacement constitue pourtant une composante essentielle de l’exercice libéral pour nombre de professions intervenant au domicile des patients. Il ne peut être durablement ignoré dans une politique qui prétend répondre aux besoins de santé de tous les territoires. Les LDS seront également attentifs aux conséquences des nouvelles règles de facturation prévues à l’article 32. Ces dispositions devront être mises en œuvre avec des garanties suffisantes pour les professionnels et sans leur faire supporter les défaillances et retards imputables aux éditeurs de logiciels. Les LDS veilleront à ce que la généralisation des modalités de facturation numérique s’accompagne d’une réelle simplification afin de ne pas amputer le temps dédié aux soins. S’agissant de la formation continue, les LDS regrettent le remplacement de l’ANDPC par un système inspiré du CPF, que le gouvernement avait lui-même critiqué. Le transfert des missions de l’ANDPC à la Haute Autorité de santé et à la Caisse des dépôts devra impérativement être accompagné d’une gouvernance associant pleinement les syndicats représentatifs des professions de santé libérales. Et avec un véritable pouvoir de contrôle sur les orientations et le fonctionnement du dispositif. Mais surtout, les LDS exigent des garanties concernant les fonds destinés à la formation continue. Ils constituent un acquis conventionnel dont la pérennité doit être garantie et qui ne saurait en aucun cas être remis en cause. À défaut, cette réforme reviendrait à une étatisation pure et simple de la formation continue. D’autre part, les LDS partagent la volonté du gouvernement de faciliter l'accès aux médicaments et à l'innovation dans l'article 30 en étendant les missions de la HAS. Le renforcement de la prévention est aussi à saluer. L’amélioration de l’accès aux programmes de dépistage et le stockage des vaccins par les professionnels répondent à un objectif de santé publique et de réduction des inégalités sociales comme territoriales. Toutefois, les LDS s'interrogent sur l'article 29 : avant de sanctionner, encore faudrait-il maintenir l’attractivité des actes de dépistage, afin de prendre en compte l’évolution des coûts et respecter les engagements conventionnels dont la garantie de paiement. Et Les LDS insistent pour que le cadre d’un tel dispositif soit celui des conventions nationales entre l’Assurance Maladie et les professions afin de permettre l’examen des situations de façon contradictoire dans le cadre des commissions paritaires. Le débat parlementaire doit désormais permettre de rééquilibrer le PLFSS afin de concilier redressement des comptes, prévention et accès aux soins. Les LDS y porteront une exigence claire : les professionnels de santé libéraux doivent disposer des moyens nécessaires pour répondre à des besoins de santé croissants, liés notamment au vieillissement de la population et à la complexification des situations, tout en renforçant la prévention auprès des plus jeunes. C’est à cette condition que notre système de santé pourra engager le passage d’une logique centrée sur le curatif à une véritable politique de prévention et de promotion de la santé. *Les Libéraux de Santé (LDS) regroupent les 10 principaux syndicats représentatifs de professionnels de santé libéraux : les CDF, la CSMF, la FFMKR, la FNI, la FNO, la FNP, la FSPF, le SDA, le SDBIO et le SNAO, qui partagent la même vision de l’exercice libéral et de ses valeurs (indépendance, responsabilité, solidarité). Les LDS sont attachés au système conventionnel. Contacts presse : Philippe BESSET : tél. 0680144162 Sarah DEGIOVANI tél. 0648134639 Suivez Les Libéraux de Santé sur X et LinkedIn